IN MEMORIAM : Au moins 46 leader.ses indigènes d’Abya Yala assassiné.es en 2025

Cultural Survival a annoncé aujourd’hui la publication de son rapport annuel « In Memoriam », qui documente les assassinats atroces de 46 défenseurs autochtones des droits et des terres en Amérique latine en 2025. Ce rapport souligne la crise persistante et systémique que subissent les peuples autochtones, qui sont ciblés de manière disproportionnée en raison de leur travail essentiel de gestion et de protection des écosystèmes et des territoires vitaux.
L’Amérique latine demeure la région du monde la plus dangereuse pour la défense des terres, représentant 82 % des attaques mondiales contre les défenseurs de l’environnement. Les protecteurs autochtones font face à une double menace : la défense des droits et de l’environnement, et leur appartenance à la communauté autochtone. En effet, 33 % des défenseurs assassinés en 2024 étaient autochtones. Le rapport « In Memoriam » souligne que la grande majorité des attaques – plus de 95 % – sont liées à la défense des terres et des territoires contre les industries extractives.
Points clés mis en lumière
Secteurs de conflit : L’industrie minière arrive en tête des secteurs où le nombre de meurtres est le plus élevé, suivie de l’exploitation forestière et de l’agro-industrie. Ces industries empiètent fréquemment sur les territoires autochtones en raison de leurs abondantes ressources naturelles.
L’impunité règne : Ces meurtres ne sont que la « partie émergée de l’iceberg ». Dans certains pays d’Amérique latine, le taux d’impunité global peut atteindre 90 % ou plus, un chiffre souvent dépassé lorsqu’il s’agit de crimes contre les défenseurs des droits des peuples autochtones, car les autorités ont tendance à ne pas mener d’enquêtes approfondies.
Tendances émergentes : Le rapport met en évidence de nouvelles tendances inquiétantes, notamment le ciblage des défenseurs des droits des peuples autochtones engagés dans le plaidoyer international et le recours systématique à de fausses accusations – telles que le terrorisme – pour criminaliser leur travail de défense des terres.
Coups de projecteur sur des cas particuliers : Le rapport présente les profils de défenseurs assassinés dans toute la région, notamment le meurtre de Vicente Fernandes Vilhalva (Guaraní-Kaiowá) au Brésil par des milices agricoles suite à une action de revendication territoriale, l’assassinat de Francisco Marupa (Leco) en Bolivie pour son opposition à l’exploitation minière illégale dans le parc national Madidi, et de nombreux meurtres en Colombie – le pays qui enregistre le plus grand nombre d’homicides au monde – comme celui du médecin traditionnel José Albeiro Liz Muchicon (Nasa) et du leader de jeunesse James Tomás Guanga Quelal (Awá).

« La perte de 46 défenseurs autochtones en une seule année est une profonde tragédie qui nous touche tous », a déclaré Alicia Moncada (Wayuu), directrice du plaidoyer et de la communication de Cultural Survival. Ces personnes étaient les protectrices de notre planète, détentrices d’un savoir inestimable sur la protection de nos écosystèmes. Leurs assassinats ne sont pas des incidents isolés, mais le fruit d’une crise systémique visant à intimider et à museler la société civile. Nous publions ce rapport pour honorer leur mémoire, leur œuvre et les valeurs qu’elles défendaient. Cultural Survival s’engage à faire entendre la voix des peuples autochtones et à poursuivre son combat pour la justice aux côtés des communautés touchées.
Cultural Survival a compilé ces cas à partir de reportages, d’informations provenant des communautés et d’organisations partenaires, dans le but de faire connaître tous les noms et l’héritage de ces défenseurs, indépendamment de la couverture médiatique, et de travailler à obtenir justice pour les personnes affectées. Lorsque nous recevons des cas de communautés partenaires qui n’ont pas encore été publiés, nous nous assurons qu’ils peuvent l’être sans risque, toujours avec le consentement de la communauté.
Le rapport appelle les gouvernements nationaux et la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour faire respecter les cadres juridiques existants, tels que l’Accord d’Escazú, afin de garantir la protection effective des défenseurs des droits humains et fonciers et de lutter contre l’impunité généralisée qui permet la perpétration de ces crimes.

Pour voir les portraits de ces personnes qui luttent quotidiennement pour défendre leurs droits et ceux de leur communauté, cliquer ici : https://www.culturalsurvival.org/news/memoriam-remembering-46-indigenous-defenders-who-were-murdered-2025-latin-america
